Nigeria: Amnesty dénonce des évictions forcées de bidonvilles

Jeune Afrique, 28 de Octubre-  Dans un rapport évoquant le projet de "renouvellement urbain" de la ville portuaire de Port Harcourt, "capitale pétrolière" du pays, Amnesty estime que les autorités violent le droit international et poussent de nombreux citoyens en situation précaire vers davantage de pauvreté.

Le gouvernement de l’Etat de Rivers, dont Port Harcourt est la capitale, qui a commencé à mettre en oeuvre l’évacuation et la destruction de ces bidonvilles situés en bordure d’eau, "a violé ses obligations internationales en matière de droit de l’Homme en menant des évictions forcées", selon le rapport.

L’organisation évalue "entre 200. 000 et 500. 000" le nombre de personnes qui pourraient être affectées. Elle demande aux autorités d’"arrêter immédiatement toutes les évictions forcées" et ce jusqu’à ce que ces opérations se déroulent en accord avec "les standards internationaux en matière de droit de l’Homme".

Si l’Etat de Rivers a proposé aux propriétaires de leur racheter leurs biens immobiliers avant de les détruire, les locataires, plus nombreux, ne se sont pas vu offrir de dédommagement, dénonce Amnesty.

Citant l’exemple de la rue Njemanze, évacuée et rasée en novembre 2009, le groupe souligne que "l’ensemble des destructions a eu lieu sans consultations au préalable avec les résidents et sans qu’il leur ait été fourni de préavis, de compensation ou une autre solution d’hébergement".

Amnesty affirme que les autorités ont construit un important complexe cinématographique sur l’un des quartiers rasés et qu’elles prévoient d’établir "un parc d’attractions, un centre de conférence, un centre commercial et un hôtel" notamment.

Interrogée par l’AFP, la porte-parole de l’Etat de Rivers a confirmé que des projets commerciaux seraient développés mais a souligné que les espaces récupérés seront consacrés "essentiellement à des logements".

Citant une étude, Ibim Semenitari a affirmé que la criminalité dans ces bidonvilles était particulièrement élevée et que la police y avait difficilement accès.

Ces quartiers "sont pires que des bidonvilles", a-t-elle estimé, soulignant l’absence de routes pour y accéder, de systèmes sanitaires et d’infrastructures.

Interrogée sur l’absence de dédommagements pour les nombreux locataires, la porte-parole a répondu: "Nous ne pouvons pas négocier avec les locataires, ils ne sont pas propriétaires. Il n’est pas possible de leur rembourser un logement qu’ils ne possèdent pas".

Cependant, le gouvernement de Rivers construit actuellement de nouveaux logements accompagnés de facilités d’emprunt qui seront subventionnés, a assuré Mme Semenitari.

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