Le Secret de Chanda: une jeune sud-africaine face au tabou du sida

Jeune Afrique, 29 de Noviembre- Au-delà de la maladie elle-même, qui plane sur la famille de Chanda mais dont le nom est soigneusement tu, le réalisateur sud-africain d’origine allemande Oliver Schmitz s’intéresse à cette adolescente contrainte, face aux rumeurs, de devenir une adulte pour prendre en charge la vie de la maison.

"Le Secret de Chanda", présenté au Festival de Cannes dans la sélection Un certain regard, est adapté d’un roman d’Allan Stratton paru en 2004.

Le distributeur français du film, ARP, a choisi la journée mondiale du sida pour lancer un film qui est aussi un témoignage de la réalité de l’Afrique du Sud d’aujourd’hui, l’un des pays les plus lourdement touché par l’épidémie avec 5,7 millions de séropositifs sur 48 millions d’habitants.

La recette de mercredi sera intégralement reversée à la Fondation Desmond Tutu contre le sida. Cette fondation propose notamment des dépistages gratuits à la population la plus pauvre grâce à des camionnettes transformées en cliniques ambulantes qui sillonnent les villages.

Le film, tourné dans un township d’Elandsdoorn, à environ 200 km de Johannesburg, dans un dialecte local (le Pedi), débute avec le décès de Sarah, la petite soeur de Chanda. Personne ne désigne ouvertement le sida, mot tabou, mais cette mort attise les regards suspicieux puis les ragots du voisinage.

La jeune Chanda, incarnée par une actrice très émouvante (Khomotso Manyaka), décide de faire front, délaissant une scolarité pourtant brillante pour venir épauler sa mère, dont la santé se dégrade mais qui refuse tout dépistage. Elle prend aussi en main sa meilleure amie, adolescente à la dérive.

C’est un véritable combat qu’elle mène, seule, pour défendre les siens dans une communauté où la mort et la maladie doivent rester cachées.

"Dans le livre, Chanda a 16 ans mais en réalité à cet âge-là les jeunes ont déjà perdu leur caractère d’enfant", explique dans le dossier de presse Oliver Schmitz, dont le premier film, "Mapantsula", en 1988, brossait le portrait de la population noire pendant l’apartheid.

"Une enquête menée localement nous a montré que les enfants sud-africains grandissent de plus en plus vite", souligne le réalisateur qui, bien qu’installé désormais à Berlin, veut rester au plus près de la réalité du pays.

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